Zoo d’Amnéville : rien n’est trop beau pour les gorilles
Les gorilles tant attendus du zoo d’Amnéville devraient pointer le bout de leur museau le 21 février. Les travaux d’installation de leur futur enclos vont bon train. Dix millions et demi d’euros investis sur un hectare.

L’ensemble de l’enclos est conçu comme la reproduction d’un village traditionnel congolais. De nombreux objets typiques y seront prochainement exposés. Deux bâtiments termineront la visite, consacrés à la conservation de l’espèce.
Dans quelques semaines, les futurs pensionnaires du zoo d’Amnéville poseront la patte en terre lorraine. Dans un premier temps, cinq gorilles mâles sont attendus. L’heure est venue de prendre de leurs nouvelles. Originaires de Jersey et de Stuttgart, ils sont actuellement dans la vallée des singes de Romagne, près de Poitiers. Le groupe a été constitué il y a un an et s’est très bien adapté. La hiérarchie a vite été établie : le plus gros mâle pèse 238 kg, le second… 80 kg. « Il faut marquer nettement la différence, sinon ils s’entretueraient, explique Michel Louis, directeur du parc. Pour l’heure, aucun risque. La seule fois où un mâle a essayé de tenir tête au dominant, il a "valsé" à l’autre bout de la cage ».
Parallèlement, Juan, Aurélie et Sébastien, les futurs soigneurs, se rendent régulièrement sur place, depuis un an. Pendant ces stages, ils apprennent à faire connaissance avec les gorilles. La relation de confiance qui s’instaure entre eux est primordiale : « Pas question de les endormir à tout bout de champ pour leur prodiguer des soins : au besoin, un primate peut tendre le bras, par exemple, pour qu’on lui fasse une prise de sang », souligne le directeur.
Une force tranquille
En attendant leur arrivée, les travaux avancent. Un hectare sera entièrement affecté aux gorilles. Trois enclos extérieurs (de 800 m² à 1 300 m²), autour d’un bâtiment intérieur de 2 000 m². Le gros des infrastructures est sorti de terre. Reste à peaufiner le décor. « Des rochers, de la végétation, et surtout beaucoup d’agrès pour qu’ils s’amusent ».
Pour Michel Louis, c’est l’aspect le plus important pour qu’un animal se sente bien. Plus encore que l’espace vital. « C’est à double tranchant d’ailleurs : nous avons imaginé des tunnels qui passent au-dessus des têtes des visiteurs, pour relier l’espace extérieur à l’intérieur. Le hic : c’est un endroit rigolo pour un singe, il ne faudrait pas qu’ils restent dedans ! » Les installations doivent être particulièrement résistantes : un gorille possède une force quinze à vingt fois supérieure à celle d’un homme. « Ils sont beaucoup moins violents que ne peuvent l’être les chimpanzés. Dotés d’une force tranquille, ils jouent sur l’intimidation. Mais ils restent très joueurs. Si 30 % de la végétation doit être remplacée chaque année, nous y sommes préparés ».
Dix millions et demi d’euros ont été injectés dans ce « projet que certains taxeront de mégalomane ».
De futurs colocataires ?
De nouveaux individus arriveront bientôt : trois autres mâles, venant de Tel-Aviv et Barcelone (deux ou trois semaines après le premier groupe). Et sans doute plus tard des femelles.
Pour le moment, leur nombre n’est pas fixé. Elles sont bien plus rares, car 90 % des individus en élevage sont des mâles. Pour le zoo, l’arrivée des grands primates est un « couronnement. Il faut avoir l’aval d’un comité gorille international pour que des individus nous soient confiés. D’habitude, le processus prend dix ans, pour recevoir deux gorilles. Ça a été nettement plus rapide chez nous, aux vues des qualités de ce projet ». Le revers de la médaille : le tarif d’entrée qui passera de 27 € à 30 €.

Les gorilles sont encore à Romagne. À Amnéville… Il y a les reproductions.
Publié le : 04/01/2012 dans Le Républicain Lorrain |