Au zoo d’Amnéville les soigneurs sont aux aguets
Les visiteurs ont plus froid que les visités au zoo d’Amnéville. Les animaux les plus fragiles sont au chaud, les autres font l’objet de soins particuliers.
L’hiver, les mammifères humains déambulent avec maladresse le long des allées enneigées du zoo d’Amnéville. Les mammifères à quatre pattes, les oiseaux et les reptiles, les observent, placides et vaguement curieux. Les humains se recroquevillent sous leurs épaisseurs, inadaptés au froid, les animaux sont au chaud pour la plupart. Le chat des sables d’Arabie profite d’une lampe chauffante. Les tortues et leurs amis suricates aussi, dans une atmosphère rendue rouge derrière les parois de verre.
La girafe, le zèbre, le rhinocéros et l’hippopotame sont au chaud. Le pire ennemi de la girafe, ce n’est pas la baisse de température elle-même, mais ses conséquences. «La girafe n’est pas frileuse. En Tanzanie, dans le cratère du Ngorongoro, la température chute la nuit à - 5 °C, explique Michel Louis, directeur du zoo. Non, mais elle redoute la pneumonie, le rhume, la diarrhée. Et surtout, la plaque de verglas. S’il n’y a qu’une seule plaque dans tout l’enclos, c’est pour elle… »
Rester hors gel
L’orang-outan aussi craint la pneumonie et les virus humains. «Si un soigneur est grippé, il est remplacé. » Le lion, lui, «est costaud, comme la plupart des fauves. Il supporte le -20 °C ». Jusqu’à un certain point. Plus que le pic, c’est la durée de la froidure qui le fragilise. L’ours polaire, par exemple, a besoin de rester hors gel «dans la nature, il se creuse un igloo dans la neige ». Pour les lions de mer de Patagonie ou les otaries de Californie, l’eau «est chauffée à 6 °C - 8 °C ». Chez les oiseaux, tout dépend de l’origine. «L’ibis de Guyane est rentré, l’ibis sacré, non. Les perroquets souffrent davantage d’être surchauffés. Les flamants du Chili supportent les - 15 °C, mais ils doivent rester les pieds dans une eau saumâtre, vive. Sinon, leurs pattes gèlent », poursuit Michel Louis. Les mandrills sont au chaud, «les macaques rhésus viennent du Népal, ils peuvent rester dehors». Dans leur ensemble, ces 330 animaux, tous issus de la captivité, sont habitués au climat européen. L’effort est porté sur le vivarium, où règnent serpents et lézards. «On leur fait observer un refroidissement. L’été, ils sont à 33 °C, l’hiver à 26 °C. S’ils ne ressentent pas l’hiver, ils ne réagiront pas au printemps, ce qui nuira à la période de reproduction », souligne le directeur. A l’automne, tout ce petit monde a reçu des rations plus importantes pour renforcer ses réserves. Comme les humains.
Paru le : 10/01/2010 dans Le Républicain Lorrain |